Pluies d’été

Même la plus petite église de hameau est un refuge honnête pour l’homme oublié

j’ai osé ressortir et je me suis assis, en retrait dans le bar, on était en hiver, de là personne ne posait les yeux sur moi

Je suis resté longtemps dans l’immobilité, j’ai terminé mon verre et je m’en suis allé

Plus proche de l’ivresse, désormais je sens ton regard me frôler, et l’espoir qui revient de me séparer de ces chagrins de jadis.

là-bas par la campagne et jusques à la ville, c’était un mur en brique arrosé de soleil –

J’avais besoin d’une force pour m’éclairer, je croyais en des horizons fades d’hiver.

même si ma douleur est bel et bien présente, je sors me promener au milieu des oiseaux

Ici la terre est grande comme dans mes rêves, il suffisait d’y être pour voir le soleil.

Les rêves s’enfuyaient avec le temps qui passe, je me mis à marcher sans ordre stipulé, juste étendre le territoire des errances. 

au premier rendez-vous, nous n’avons pas parlé ; nous avons laissé vivre le vent dans les feuilles

et je prenais mon temps pour t’écrire des lignes qui ne paraîtraient pas dans l’absolu – trop tard

j’irai m’asseoir à l’ombre et la guêpe viendra siroter dans mon verre l’ivresse un peu fade

car oui je vais devoir entrer en relation, et je vais devoir communiquer qui je suis.

c’est tes mots qui m’ont dit que je méritais mieux, ta voix m’a réveillé, l’étreinte m’a surpris.

En pleine nuit je m’en irai par la fenêtre, et comme d’habitude on se retrouvera

Je pourrais te tenir une nuit par la main, t’épouser en secret dans une cathédrale

je vais au cimetière enfouir une poignée d’ossements et de fleurs pour accueillir l’été […] – c’étaient des jours perdus, j’apprenais à compter 

nous avons fumé l’herbe tranquille des cours ; elle qui éveillait nos sens et nos émois – les bruits de la ville paraissaient merveilleux

De toute éternité j’aimerai la nature, les mandariniers qui poussent en pleine terre, et la façade usée par les années de vie.

Par ici je fais les terrasses des cafés, je m’assois par moments, je regarde passer

tu ne me saluais que quand tu le voulais, – pour ça que tu es libre et pour ça que je t’aime

C’était un dimanche presque comme les autres, l’enfant joue à la balle derrière le porche

C’est sans doute illusoire, mais la liberté, – c’est de s’asseoir toujours à cette même place, pour questionner le temps, le monde et les vivants.

plus je m’éloignerai, plus je t’approcherai, ou alors je trouverai des pluies sur ma route, de ces pluies bienfaisantes que l’été procure.

j’essayerai en vain d’oublier les odeurs de terres et de pluies et de fleurs attouchées, de baisers tendrement volés ou égarés.

et le forum de la Trémoille est en travaux – on y va installer quelques appartements, je n’ai aucune hâte de rentrer chez moi

La plage et derrière les arbres, le Pérou. Comme est mélancolique le vieux souvenir.

J’ai clochardé longtemps avant de me trouver dans ce cours bordelais où j’assemblais des phrases – des phrases pour te dire que tu peux me suivre. 

c’est l’heure des jonquilles et des nuits sans lune, à toi de me connaître, à moi de m’en jouer, et il faudra toujours reprogrammer l’attente. 

Il écoutait des voix qui parlaient de Paris, du drame d’y avoir vécu dans le passé

elle était toutes les femmes que j’ai aimées, du collège à la fac, et les années d’après – je regardais la vie, ma vie que j’ai aimée.

tu mets genou à terre pour un sacrifice de parole donnée au silence des morts.

dans la religiosité de ces sentiers doux, j’y ai passé ma vie, dans les trains en partance

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