“Vivre et lutter dans une société validiste” – compte-rendu de lecture, Partie 1

De chair et de fer est le premier livre de Charlotte Puiseux. Charlotte Puiseux est née dans la seconde moitié des années 1980. Atteinte très tôt de myopathie, une maladie qui touche les muscles, elle est contrainte, depuis son plus jeune âge, de se déplacer à l’aide d’un fauteuil roulant, et d’être accompagnée par diverses auxiliaires dans les tâches de la vie quotidienne. Son handicap n’a jamais altéré ses capacités intellectuelles. Charlotte Puiseux est psychologue et docteure en philosophie. Ses études et ses travaux de recherche l’ont menée sur la voie d’une réflexion sur le handicap et sa mise en lien avec les aspects systémiques qui le concernent. “Je voulais en savoir plus, comprendre, analyser ma situation d’un point de vue personnel, la replacer dans une analyse philosophique d’un système global.” – écrit Charlotte Puiseux dans De chair et de fer.

Dans son ouvrage, Charlotte Puiseux fait le récit de son existence personnelle, et de ses luttes pour exister dans une société dont elle critique le validisme.

Le validisme peut être défini comme un système idéologique selon lequel il existe une norme, définie par et selon des personnes dites valides, et qui exclue de fait les autres – les personnes dites non valides, soit handicapées. Charlotte Puiseux fait le constat de la manière dont la société se construit selon ce système qui érige la validité en critère de valeur et en norme. Selon elle, les personnes handicapées – par divers facteurs qu’utilise le système en place, tels que l’institutionnalisation, la discrimination, la représentation dévalorisante, le misérabilisme – sont reléguées à l’arrière-plan de la société, qui s’autorise notamment à s’approprier le corps desdites personnes en tant qu’objets de soins, sans considérer lesdites personnes en tant que sujets de droits.

Le système validiste dont notre société est imprégnée érige une norme selon laquelle les personnes dites handicapées se trouvent dépourvues de leur humanité fondamentale – puisque inaptes aux fonctions de production dont s’alimente le système. Elles ne correspondent pas à ce qui fait tourner le système (capitaliste).

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